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Médicaments en vente libre

Pour une automédication maîtrisée

automédicationTout le monde, ou presque, dispose chez soi d’une armoire à pharmacie contenant de quoi soigner les maux quotidiens. Ces traitements, beaucoup pensent les connaître et en maîtriser les effets. Mais pratiquer l’automédication n’est pas toujours sans risque.

Christine Barras, pharmacienne dans les Ardennes, prodigue quelques conseils de bon sens.

 

L’automédication est-elle une pratique courante ?

 

Christine Barras : Environ 70 % des Français y ont recours régulièrement. Trop occupés pour aller voir leur médecin et persuadés qu’ils souffrent d’une pathologie bénigne, soit ils demandent directement conseil à leur pharmacien, soit ils piochent dans leur armoire à pharmacie.

 

Quels sont les principaux facteurs qui encouragent ce phénomène ?

 

C. B. : "Mon voisin m’a conseillé de prendre ça" est une phrase que l’on entend souvent ! De plus en plus de personnes réclament également un médicament qui leur a été "prescrit" sur Internet ou dont elles ont vu la publicité à la télévision. Dans le même temps, les produits en vente libre se développent. Ces derniers, dont la liste est heureusement bien réglementée, sont désormais exposés devant le comptoir en libre-service.

 

Quels peuvent être les risques ?

 

C. B. : La posologie est une donnée essentielle : mal adaptée, elle entraîne une concentration trop importante du médicament dans l’organisme et provoque des effets indésirables (iatrogénèse*). De nouvelles interactions médicamenteuses ne pourront qu’augmenter les risques, surtout chez une personne déjà polymédicamentée. Certains médicaments sont ainsi contre-indiqués comme, par exemple, l’ibuprofène en cas d’asthme.
* Risques provoqués par un traitement médicamenteux.

 

Dossier pharmaceutique, un outil pour sa santé ?

 

C. B. : Le médicament pris régulièrement pour les maux de dos est emballé dans une boîte bleue et blanche, mais impossible d’indiquer son nom au pharmacien. S’il est incompatible avec une nouvelle prescription, les conséquences peuvent être dangereuses. Or, les pharmaciens ont en leur possession un outil qui sécurise les prises de médicaments des patients. Le dossier pharmacologique, ou DP, reprend en effet l’ensemble des traitements sur une période de quatre mois et permet au pharmacien de repérer les risques de combinaisons médicamenteuses néfastes.

Une fois créé à partir de la carte vitale, le DP est alimenté automatiquement par toutes les officines équipées dans lesquelles le patient se rend. Cet outil est à usage thérapeutique, aucune donnée n’est donc divulguée à but commercial. Aujourd’hui, plus de 6 millions de personnes ont un DP, soit une sur sept chez les personnes âgées de plus de 60 ans.

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