L’addiction ne connaît pas d’âge limite ni de secteur circonscrit : tout comme les jeunes adultes, les seniors peuvent souffrir de dépendance : à l’alcool, aux médicaments psychotropes, aux drogues, aujeu ou à de multiples pratiques qui nuisent à leur vie sociale. Il est essentiel d’en parler, pour ne pas laisser s’installer comportements à risques puis dépendance dans l’ignorance et le "non dit".
Les addictions : définition, mécanismes et risques
L’addiction est caractérisée par la dépendance, l’impossibilité répétée de contrôler un comportement à risques, malgré la connaissance de ses effets néfastes. Nous traiterons ici uniquement des produits addictifs.
Les produits comme l'alcool, les médicaments psychoactifs, le tabac, les drogues, augmentent la libération de dopamine dans le cerveau : cette molécule fabriquée par les neurones déclenche une dépendance. Elle active le "circuit de la récompense" et entraîne temporairement une sensation de satisfaction ou de plaisir.
À long terme, l’usage répété du produit crée une accoutumance : la substance étant mieux tolérée, les besoins sont accrus et la personne doit augmenter sa consommation (d’alcool, de cigarettes, etc.) pour obtenir l’effet désiré (détente, étourdissement, oubli, désinhibition, etc.). Dès lors, s’installe un asservissement plus ou moins aliénant : la personne n’arrive pas à réduire ou contrôler sa consommation malgré la connaissance des risques.
En l’absence de consommation, un malaise psychologique et parfois physique apparaît (signes de manque). Les addictions perturbent l'état psychique et le fonctionnement cérébral, et peuvent provoquer : un état de conscience et une perception de l’environnement modifiés, une prise de risque, une baisse de la concentration et de la vigilance, une réactivité moindre, des troubles du comportement et de l'humeur, etc.
À plus ou moins long terme, la dépendance favorise l'isolement, le retrait social et la solitude.
Lesseniors, fragilisés par l’avancée dans l’âge, sont particulièrement vulnérables face aux addictions. Les causes d’addiction des personnes âgées peuvent être multiples :
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stress, dépression, angoisse,
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manque d’estime de soi, dévalorisation identitaire, perte de confiance,
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rapport au corps et à la santé perturbé par le vieillissement, peur de l’avenir,
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passage à la retraite difficile, ennui,
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décès de proches,
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problèmes de santé, pathologies chroniques, douleurs physiques,
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solitude, relations sociales et/ou familiales conflictuelles ou inexistantes, etc.
Les consommations répétées de substances addictives mettent en danger la santé : l’alcool, le tabagisme, l’auto-médication augmentent la survenue d’accidents domestiques et routiers (chute, blessure, somnolence au volant, etc.) et favorisent le développement de pathologies et troubles chroniques (cancers, cirrhoses, troubles cardio-vasculaires et respiratoires, ostéoporose, dépression, etc.).
En France, la consommation de substances psycho-actives est à l’origine de plus de 100 000 décès évitables, par accidents et maladies (source : Ministère de la santé).
Les principales addictions
Les addictions les plus fréquemment rencontrées concernent des substances psycho-actives (qui agissent sur le cerveau) : l’alcool, le tabac, les médicaments psychotropes (anxiolytiques, hypnotiques, etc.), les drogues (illicites, comme le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, les amphétamines, l’ecstasy, etc.)
D’autres conduites addictives existent : liées à certains psychostimulants (par exemples café, thé) ; au jeu pathologique (de hasard, d’argent, etc.), aux conduites d’achat, à la télévision, à une personne (dépendance affective), etc.
La dépendance s’installe souvent progressivement. Consommer de l’alcool, recourir aux médicaments, fumer, sont des comportements adoptés pour faire face aux situations difficiles, pour se détendre, oublier les soucis, ou dans un but autodestructeur. Le passage de l’usage "simple" à l’usage "nocif" peut être insidieux : une assistance la plus précoce possible est souhaitable.
Conseils pratiques pour prévenir et prendre en charge les conduites addictives
Il est possible d’éviter l’installation d’une dépendance (à un produit, une substance, ou à une pratique) et de prendre en charge les conduites à risques. Une bonne hygiène de vie participe à prévenir les comportements addictifs et favorisent la santé physique et mentale.
Au quotidien :
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Avoir une alimentation équilibrée et adaptée : l’alimentation participe à se sentir bien dans son corps et dans sa peau. Une nutrition saine permet d’éviter certaines carences et apporte l’énergie nécessaire à l’organisme. Bien s’alimenter, c’est aussi prendre soin de soi. Il est notamment recommandé de limiter sa consommation de graisses, de sel et d'alcool et de favoriser les fruits et légumes frais, les céréales et légumineuses (guide nutrition à partir de 55 ans – Inpes/PNNS ).
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Pratiquer une activité physique régulière : elle contribue à la bonne forme physique et favorise la confiance en soi et souvent la socialisation. La marche, la natation, la gymnastique, le vélo, la course à pied sont des sports conseillés. Les efforts doivent cependant être adaptés à votre état de santé : demandez conseil à votre médecin.
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Veiller à la qualité de votre sommeil : éviter la consommation d’excitants avant de dormir (café, thé, etc.) et se coucher à des heures fixes et régulières, sur une literie de qualité.
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Rester vigilant avec les médicaments et ne pas recourir à l’auto-médication : lire les notices et respecter les posologies des médicaments prescrits par le médecin. Ne pas prendre de médicaments psycho actifs (antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques, etc.) sans surveillance médicale.
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Adopter une bonne hygiène de vie, saine et favorisant la détente : le stress, la dépression, le manque d’estime de soi, l’ennui, la solitude, sont susceptibles d’entraîner un comportement addictif. Prévenir et lutter contre la dépendance, c’est tout d’abord préserver sa santé et soigner son moral : en mangeant correctement, en pratiquant des activités et loisirs, en rencontrant d’autres personnes (proches, connaissances, voisins, amis, etc.). Des exercices de relaxation ou de gestion du stress apprennent à se détendre au quotidien (yoga, tai chi chuan, qi gong, etc.).
En cas de conduites addictives et/ou lorsque la dépendance est installée :
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Admettre le problème : la dépendance (physique, psychique, comportementale) est souvent niée. Un sentiment de honte peut apparaître. Reconnaître le problème est une première étape pour prendre en charge et envisager de se défaire du comportement à risque.
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Accepter d’être aidé et parler : si vous remarquez ou si votre entourage vous fait part d’un changement de comportement vis-à-vis de l’alcool ou d’autres produits addictifs (surconsommation, abus réguliers, etc.) ; parlez-en à un médecin ou appelez les numéros d’aide téléphonique (Drogue, Alcool, Tabac info Service : 0800 23 13 13 appel gratuit depuis un poste fixe).
Il est essentiel de ne pas s’isoler et se replier sur soi. De nombreuses solutions existent et sont proposées et choisies individuellement (sevrage, substitut et aide médicamenteuse, cure; accompagnement psychologique et social, thérapie cognitivo-comportementale, prévention des rechutes, etc.).
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Consulter un professionnel : médecin traitant, médecin spécialiste de l’addiction (addictologue, alcoologue, tabacologue, etc.), ou psychologue - psychothérapeute spécialisé. La dépendance nécessite souvent une prise en charge globale (médicale, physique et psychique).
Les comportements dépendants sont à plus ou moins long terme destructeurs : une aide précoce est recommandée. Plus les difficultés sont traitées en amont, mieux l’addiction pourra être stoppée.
Pour en savoir plus sur le tabac au travail, consultez le site Travailler santé.
Source : www.generationplus.fr